Il est déjà 7h45 du matin. Vite, il faut partir ! Je sors de la maison. Arrivé sur l’avenue Vouliarménis, un coup d’œil à droite où j’aperçois brièvement les marbres de l’Acropole baignés d’un soleil hivernal mais vif. Ne pas traîner et foncer vers la place Kaloyirone où m’attend le bus reliant Dafni à mon lieu de travail, à côté de l'aéroport.

La place Kaloyiron est déjà très agitée. On y trouve le nouveau métro qui dessert le centre historique d’Athènes, des stations de bus et des taxis. Bref, aucune raison pour arriver en retard au travail. Les Dafniotes engloutissent leur koulouri (sorte de bretzel au sésame) et embarquent leur Frapédaki ("petit" café frappé) dans le bus.

Je retrouve sans aucune surprise les mêmes visages que la veille. Les six ouvriers de l’Est (je ne parviens pas à discerner leur accent), les quelques hôtesses de l’air d’Olympic, la compagnie aérienne nationale fondée par un grec smyrniote répondant au nom d’Aristote Onassis. La dame brune est là, elle aussi, avec son "gratuit" qui lui sert d’appui tête sur la vitre du bus (le brushing reste toujours impeccable).

Le bus démarre, il est 8H00 pile et comme d’habitude le chauffeur que j’ai décidé d’appeler Manolis ne respectera pas le code de la route et encore moins les limitations de vitesse. Virage à gauche, demi tour à droite et me revoilà de retour sur Vouliarmenis où la circulation est déjà trop dense. Cette avenue aux aires d’autoroute relie le centre de la ville au Sud-Est de la capitale vers la banlieue balnéaire de Varkiza et permet surtout de contourner le mont Hymitos à l‘Est (1054m de haut tout de même) pour s’enfoncer dans les terres de l’Attique à proximité de l’aéroport international Eleftherios Venizelos (le Charles de Gaulle grec).

Manolis vient encore une fois de doubler une voiture de sport par la droite (ça c’est rigolo) et le jeune chauffeur du coupé sport n’a, à mon avis, pas intérêt à la ramener sous peine de se retrouver dans les lauriers du terre plein central. De temps en temps, j’apperçois entre les cubes de béton athénien le grand bleu égéen avec au loin la silhouette d’Égine, l’île aux pistaches. L’avenue est bordée de boutique de sanitaires, de meubles en tout genre puis, lorsqu'on s’approche de Glyfada (quartier chic de la capitale), de concessions Porche, BMW, Hummer, bref le B.A. BA du frimeur au compte en banque bien rempli (il prend pas le bus celui-là). Parmi les bizarreries athéniennes et de l’avenue Vouliarmenis, on compte un camion garé sur le toit d’un immeuble que je ne résiste pas à prendre en photo.

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8H30, dérapage contrôlé de Manolis sur la gauche qui quitte Vouliarmenis. La route, bien que moins urbaine, est encore bordée d’habitations et de panneaux publicitaires. Le flanc Est de l’Hymitos n’est pas (encore) construit mais déjà des grues font leur apparition. 50% des grecs habitent l’Attique : ça en fait du monde à loger.

L’état de la route fait encore trembler ma plume mais mon ordinateur aura vite fait de remettre de l’ordre à mon écriture saccadée. Le soleil est vif et laisse transparaître la végétation sauvage, quasi rocailleuse d’une montagne d’un côté et l’ombre lumineuse du Mont Hymitos de l’autre.

9H00, "l’heure du crime" me voilà arrivé à destination où m’attendent mes collègues qui discuteront une fois de plus du match de la veille…